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Un maçon tue son collègue et l’enterre dans le chantier

Un maçon a comparu, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour meurtre, vol commis avec violence et inhumation sans autorisation. Et si en rendant sa décision le 17 novembre prochain le juge suit le parquetier dans son réquisitoire, Mohamed Diabang encourt la réclusion à perpétuité.

Une rocambolesque affaire de meurtre, de vol commis avec violence et d’inhumation sans autorisation a été jugée, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar. Au banc des accusés, il y’avait le sieur Mohamed Diabang. Il ressort des faits débattus à la barre que ce dernier avait mis fin à la vie de son collègue avant de l’enterrer dans le chantier. Face aux juges hier, le mis en cause a retracé le film des événements. Il a commencé par indiquer que les faits se sont déroulés à la Cité Namora sis à Tivaoune Peulh en 2016. Ce jour-là, il avait demandé à la victime son salaire. Ce que cette dernière a catégoriquement refusé de le lui révéler. Ainsi, il s’en est suivi un échange de propos aigres et doux avant qu’une bagarre n’éclate entre ces deux. Selon le mis en cause lorsque la bagarre a commencé, il a assené des coups de pelle à son protagoniste. « Quand on a eu un accrochage, je lui ai donné des coups de pelle à la nuque. C’est sur ces entrefaites qu’il est tombé et je l’ai achevé avec un autre coup », a raconté l’accusé. Derrière les barreaux les barreaux depuis maintenant quatre années, le maçon a confié aux juges que son intention n’était jamais de donner la mort à son collègue. Sur une question de savoir pourquoi donc il a continué à rouer de coups à la victime alors que celle-ci était déjà à terre ? Il a rétorqué avoir agi sous le coup de la colère. « Je ne sais même pas ce qui s’est passé. J’ai agi sous l’emprise de la colère », a dit l’accusé selon qui, au moment où il l’enterrait, il ne savait pas s’il était mort ou pas. Interrogé sur le vol, le mis en cause a battu en brèche les accusations selon lesquelles il avait dérobé les affaire du défunt maçon.  « J’avais pris le portable, la sandale, la carte d’identité… de la victime après l’avoir exécuté. J’avais gardé tous ces objets dans ma chambre. Ensuite, je me suis rendu à la gendarmerie pour leur informer que je venais de commettre un crime », avoue-t-il. Invité à faire son réquisitoire dans cette affaire, le maître des poursuites a requis la réclusion à perpétuité. Pour justifier son réquisitoire, il a indiqué que l’accusé avait clairement l’intention de tuer la victime. Et les éléments de l’enquête attestent à suffisance l’intention du mis en cause à commettre ce crime odieux. Pis, de l’enterrer sans savoir s’il était toujours en vie ou pas. Ayant la parole en dernier, la défense a demandé à la chambre criminelle de requalifier les faits en homicide involontaire. Sur ce, la robe noire a plaidé pour une application bienveillante de la loi pénale. L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 17 novembre prochain.

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