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Tabaski 2020 à Thiès La dénonciation du «bradage foncier» au cœur des sermons des imams

Le « bradage foncier » a été au coeur des sermons (Khotba) des imams de la capitale du Rail à l’occasion de la fête de l’Aïd-el-Fitr ou Tabaski.

De la grande mosquée Moussanté de Thiès où la prière a été dirigée par l’imam ratib Tafsir babacar Ndiour à la mosquée des Parcelles assainies Unités 2, avec l’imam idrissa Gaye de la famille Ndiéguène, en passant par plusieurs autres lieux de culte, les guides religieux se sont tous insurgés
contre le « bradage foncier ». « Comment peut-on octroyer des milliers d’hectares à un seul individu, là où de paisibles citoyens éprouvent toutes les peines du monde à avoir un toit ?», s’est ainsi interrogé l’imam ratib de la grande mosquée Moussanté. selon Tafsir babacar Ndiour, « souvent le bénéficiaire de ces milliers d’hectares finit par les morceler en parcelles, pour ensuite les vendre ». Le guide religieux a ensuite mis le « bénéficiaire » et celui qui lui donne ces vastes étendues de terres dans le « même sac de la tortuosité ». a l’en croire, « la spéculation foncière est telle qu’on a l’impression qu’il y a une volonté de se partager les 197.000 km2 qui constituent la superficie du Sénégal ». L’imam Ratib Tafsir babacar Ndiour a profité de son sermon pour interpeller qui de droit sur le fait que « la terre appartient à ceux qui la travaillent et ceux qui viennent de l’étranger ne doivent en aucune manière avoir des titres de propriété foncière dans le pays ». Pour sa part, l’imam idrissa Gaye de la mosquée des Parcelles assainies Unités 2, a soutenu que « la philosophie du foncier semble reposer sur la ‘’loi du plus fort’’ ». Et de convoquer le saint-Coran, pour prévenir : « le jour de la résurrection, lorsque la terre tremblera pour les besoins du dernier jugement, chacun rendra compte devant Allah Tout-Puissant de ses
actes ».

La Ville de Thiès et ses trois communes accusées de bradage et d’une spoliation foncières sans précédent

« A l’instar des autres régions du pays, Thiès n’est pas épargnée par la boulimie et la prédation foncières », avait récemment soutenu, à la faveur d’un point de presse, le Collectif citoyen contre la spoliation foncière à Thiès, qui regroupe des organisations politiques et citoyennes comme «And Sopi Thiès», « Ensemble », FDS,
Pastef, PUR, République des Valeurs, une partie des proches du président du parti Rewmi, Takhawu Sénégal, Mouvement «Y en a marre» et des collectifs de quartiers. L’ex-juge et leader du Mouvement «Ensemble», ibrahima Hamidou Dème, qui était le porteparole de cette plateforme, avait souligné que « depuis 2000, une pression foncière sur le domaine national et même sur le domaine public a gravement porté atteinte à nos terres et nos forêts ». il s’était aussi désolé du fait que « malgré les promesses faites en 2012 de rétablir la bonne gouvernance foncière, cette situation a empiré ». après donc les militants des partis politiques, des associations et des mouvements de la société civile, c’était donc au tour des imams de dénoncer la spéculation foncière dans la capitale du Rail. ils l’ont fait dans leurs sermons prononcés après la prière de l’aïd-el- Fitr ou Tabaski. Une fête célébrée à l’unisson dans notre pays vendredi dernier…

CHEIKH CAMARA,LE TÉMOIN 

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