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Retour sur le drame familial de Tivaouane La thèse du suicide du père de famille privilégiée mais…

« Comment un jeune homme si adorable, gentil avec tout le monde, qui choyait sa maman, espoir de toute une famille, pourrait-il perpétrer un tel forfait ? » ? Beaucoup de gens se posent cette question dans la ville sainte de Tivaouaneoù la tragédie de la famille Kane du quartier Dabakh, survenue dans la soirée du samedi 22 au dimanche 23 août, est encore sur toutes les lèvres. en effet, le père de famille, Cheikh Tidiane Kane, son épouse et leur enfant de deux ans ont été retrouvés morts…

 

C’est dans la nouvelle cité Dabakh Extension, un coin désertique situé à l’entrée de Tivaouane, face à la station d’essence EDK, où presque toutes les maisons sont en chantier et dont la plupart sont inhabitées, que s’est produit le drame familial qui a coûté la vie au jeune père de famille Cheikh Tidiane Kane, né en 1989, enseignant dans un institut franco-arabe de la place, à son épouse Penda Bâ, 25 ans, employée dans une station d’essence non loin de chez elle, et à leur fillette de moins de deux ans, Adama Kane, tous retrouvés morts chez eux.

Zones d’ombre dans le voisinage autour de ces morts

Dans le voisinage, on fait état de zones d’ombre autour de ces morts avec trois corps trouvés dans des circonstances troublantes. Dans la chambre où se trouvait la défunte dame, Penda, enveloppée dans un drap de lit, il a été découvert un flacon avec un contenu suspect, certainement
toxique. Sur la terrasse de la maison, la fillette gisait aux côtés de son père, lequel ne se serait pas pendu contrairement à ce qui avait été soutenu
après la découverte des corps sans vie. Du coup, certains brandissent la thèse d’une « mort par empoisonnement » même si les véritables causes de ces morts ne sont pas élucidées. Ce qui est certain c’est qu’une lettre non signée a été trouvée sur les lieux, dans laquelle le défunt jeune père de famille, avec trois bouts de bois de Dieu, demanderait à sa soeur de « s’occuper de mes enfants ». Aussi, la police scientifique n’aurait pas relevé de signes caractéristiques de pendaison. Bref, on nage pour le moment dans le flou total. Les supputations vont donc bon train quant aux causes de cette tragédie familiale. Selon certain voisins, « rien ne présageait une telle perspective », d’autant plus que, remarque Cheikh Kane, l’homonyme du défunt enseignant et jeune frère de son défunt père, « il était calme, jovial et n’avait de problème avec personne ». Mieux, dans la soirée du drame, des témoins racontent que « Cheikh Kane a accompagné son épouse à la station d’essence où elle travaille ». Selon certains proches, Maïmouna Hann, mère de Cheikh Tidjane Kane, qui a elle-même découvert le drame après la prière de l’aube, n’a rien observé d’anormal la veille, d’ailleurs elle dit avoir même vu, cette nuit-là, son fils cajoler sa fillette sur la terrasse. Selon Cheikh Kane, « mon défunt homonyme était sans façon. Il dispensait des cours de renforcement en français dans un institut franco-arabe de la place, histoire de gagner le minimum lui permettant de subvenir à quelques besoins
familiaux. De par sa bravoure, il était l’espoir de sa famille. Il était très intègre, un exemple de correction dans le port vestimentaire. Surtout, c’est une
grande perte pour sa maman qui comptait beaucoup sur ce fils modèle qui l’aimait beaucoup. Mon homonyme suivait les pas de son défunt père qui
était professeur de technologie mais a été très tôt arraché à l’affection des siens, pendant que Cheikh Tidiane était encore tout-petit ».

La maman du défunt père de famille, toujours inconsolable.

La maman du défunt père de famille, Maïmouna Hann, qui n’en revient pas encore de ce drame, est toujours sous le choc, inconsolable. Dans l’entourage, on décrit le défunt jeune homme de 31 ans comme quelqu’un de « jovial, travailleur, animé d’un bon esprit de famille, il aidait beaucoup sa mère. Il se débrouillait à longueur d’année. Il a subi une formation au centre de formation technique de Thiès, où il a décroché son BEP en mécanique. Il était en train de chercher du boulot partout, il avait déposé des demandes d’emploi au niveau de toutes les sociétés de la place (ICS, TAïBA, GCO) ». La famille Kane habitait d’abord à la maison familiale sise au quartier Ndoutt, près de la gare ferroviaire de Tivaouane. Mais à la mort du père professeur qui servait à Saint-Louis, Cheikh Tidiane Kane, sa maman et sa petite famille ont déménagé d’abord non loin de là, avant de loger provisoirement dans la maison où s’est produit le drame, au quartier Dabakh, en attendant l’achèvement des travaux de construction de leur propre maison. Pour le moment, le reste de la famille a été évacué à la grande maison familiale
au quartier Ndoutt, où se trouvent, à présent, les deux autres enfants du défunt couple qui en avait trois. Les trois corps ont été transportés à la morgue de l’hôpital Mame El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh, en attendant d’être transférés à Dakar pour les besoins de l’autopsie, pour déterminer les
causes réelles de la mort.

Cheikh CAMARA, LE TEMOIN

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