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PLUS LOIN AVEC… Abdoulaye Sow, conseiller départemental Apr à Thiès : «En allégeant les procédures, le Président permet aux collectivités de participer au Force-Covid-19»

Abdoulaye Sow pense que même si «les cas deviennent de plus en plus nombreux, les autorités ont bien cerné le problème» avec une «gestion intelligente» de la crise du Covid-19. Et pour le conseiller départemental de Thiès, l’ordonnance du Président Sall permet aux collectivités territoriales de participer au Force-Covid-19. Le responsable de l’Apr estime que le débat autour de la transparence dans la gestion et la distribution de l’aide alimentaire est «stérile et malsain» et relève que «la multiplication des cas communautaires pourrait justifier le recours au confinement».

L’actualité, c’est le Covid-19. Quel est votre avis sur la gestion de cette pandémie qui commence vraiment à prendre des proportions inquiétantes ?
Je vous dirai sans hésitation une gestion fondée sur une approche holistique, efficace, sérieuse et anticipative des plus hautes autorités du pays avec à leur tête le président de la République Macky Sall. Je rappelle que le chef de l’Etat, dès le 3 février 2020, a pris la décision du non-rapatriement, mais suivie d’assistances psychologique et financière des étudiants sénégalais bloqués à Wuhan, épicentre de la pandémie. Décision courageuse et très efficace. Le Président Macky Sall a ensuite donné un signal fort en décidant de réduire au strict minimum ses missions à l’étranger, notamment dans les pays concernés. Conscient déjà que la lutte contre le Covid-19 ne pourra pas être gagnée dans la solitude égoïste des Etats, il a lancé l’Appel de Dakar pour sensibiliser ses homologues. L’histoire lui a donné raison, car l’Italie a souffert de manque de solidarité des pays européens, alors que la solidarité entre Etats africains est saluée aujourd’hui et a permis au continent de déjouer tous les pronostics. Le 14 mars 2020, sur avis du Comité national de gestion des épidémies, le président de la République a pris cinq mesures pour endiguer la propagation du coronavirus. En ce moment, le Sénégal comptait 26 cas dont un bébé. Toutes les manifestations publiques sont interdites, les écoles et universités fermées, les formalités du Hadj annulées, le renforcement du corps médical et le port de Dakar fermé aux navires de croisière. Heureusement d’ailleurs, on a évité le pire avec un cas communautaire au daaka de Médina Gounass. A partir du 20 mars, le Président Macky Sall a entrepris de larges concertations avec les présidents d’institution, les acteurs politiques, les membres de la société civile et autres leaders d’opinion. C’est ce qui a amené l’Etat d’urgence et le couvre-feu ainsi que le vote par l’Assemblée nationale d’une loi d’habilitation. Cette gestion intelligente de la crise nous a permis de faire face à ce virus invisible et agressif qui a fini de mettre à genou les géants de ce monde. Après 60 jours de présence sur le sol sénégalais, la Covid-19 n’a pas encore atteint la barre fatidique des mille cas, alors qu’en France les 100 mille cas sont dépassés. Pour l’heure, bien que les cas deviennent de plus en plus nombreux, les autorités ont bien cerné le problème.

Le Force-Covid-19 a été mis en place et un Comité de suivi installé. Pensez-vous que ce comité peut avoir un impact social et économique que va générer la pandémie ?
En mobilisant 1 000 milliards pour le Force-Covid-19 au cours du Conseil des ministres du 18 mars 2020, le Président Macky Sall a fait mieux que le Plan Marshall. Il a mis en place une stratégie pour soutenir les secteurs affectés afin d’atténuer les effets négatifs de la pandémie sur la croissance et les emplois. Une kyrielle de mesures de résilience pour le tourisme, le transport aérien, les chaînes d’approvisionnement du commerce formel et informel et de l’industrie a été prise. Même si le Président Macky Sall a promulgué le 2 avril 2020 la loi d’habilitation, son désir ardent de transparence et de bonne gouvernance l’a poussé à mettre en place un Comité de suivi et de mise en œuvre des opérations du Force-Covid-19. En nommant à sa tête un Général aux faits d’armes connus et acceptés par tous, en lui adjoignant d’éminentes personnalités issues de plusieurs composantes de la Nation et en mettant tous les moyens de l’Administration à sa disposition, le Président lève toute ambiguïté sur la gestion du Force-Covid-19.

Le débat autour de la transparence dans la gestion et la distribution de l’aide alimentaire fait rage. Qu’en dites-vous ?
C’est un débat stérile et malsain colporté dans le souci de retarder au maximum les opérations de distribution des vivres aux populations. Depuis les indépendances, une opération d’une telle envergure devant toucher 50% de la population n’a jamais été organisée. Ni en termes de volume ni de logistique, encore moins de ressources humaines. Du gouvernement au comité de ciblage de quartier, ce n’est pas moins de 100 mille acteurs qui sont mobilisés à tous les échelons sur toute l’étendue du territoire national dans un processus plus que transparent. Le maître d’œuvre de cette vaste opération, le ministre Mansour Faye, fait partie des hommes les plus honnêtes du Sénégal. Un seul objectif l’intéresse dans cette opération, c’est l’exécution parfaite de la mission que le Président lui a confiée. Rien d’autre !

Le confinement serait-il une formule pertinente pour arrêter la progression rapide du Covid-19 au Sénégal ?
Au départ, le confinement total était difficilement envisageable compte tenu des réalités socio-économiques du Sénégal où le «goorgoorlou» pour la dépense quotidienne concerne la majorité de la population. Mais force est de reconnaître que la multiplication des cas communautaires ces derniers jours, favorisée par le non-respect des mesures barrières et les circulations interurbaines clandestines, pourrait justifier le recours au confinement. Les populations devraient prendre l’exemple sur le chef de l’Etat qui a limité tous ses déplacements non essentiels et applique religieusement toutes les mesures barrières.

Comment appréciez-vous la décision du chef de l’Etat d’alléger les procédures administratives et budgétaires pour les collectivités territoriales en vue de l’allocation complémentaire de secours aux populations vulnérables ?
Le Président Macky Sall est un leader juste et très proche des populations. Une grande majorité des présidents de département et des maires est intègre. Les procédures des marchés publics sont lourdes, or les besoins des populations ne peuvent pas attendre. En allégeant les procédures, on permet aux collectivités territoriales de pouvoir participer tout de suite au Force-Covid-19, mais également de prendre en charge les besoins primaires des indigents.

Ndeye Fatou Niang Le Quotidien

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