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PAIEMENT DOULOUREUX DES INDEMNITES DE DEPART A LA RETRAITE DES CHEMINOTS

La «grande comédie» du médecin après la mort

Après une semaine presque de grève sous forme de sit-in et d’arrêt du trafic ferroviaire, organisée à la gare ferroviaire de Thiès, pour réclamer le paiement de leurs indemnités de départ à la retraite estimées à ó milliard de FCFA, les anciens cheminots de Dakar-Bamako Ferroviaire (ex Transrail) de 2018, 2019 et 2020, des pères de famille meurtris, vivant dans un calvaire indescriptible, depuis bientôt plusieurs années, rentrent enfin dans leurs fonds.

 

Amadou djigui diagne, président du collectif des cheminots retraités de dakar-bamako Ferroviaire (ex Transrail) de 2018, 2019 et 2020, et ses camarades, étaient catégoriques : « nous avons décidé de ne plus quitter la gare tant que nos indemnités de départs à la retraite ne sont pas payées. Cela fait plus de 2 ans que nous courrons derrière ces autorités pour leur demander de nous payer. Et jusqu’à présent rien n’est fait. Nous sommes déterminés à mener notre combat, nous en avons marre ».

Ce jeudi 3 septembre 2020, ils ont en définitive levé leur mot d’ordre de sit-in et d’arrêt du trafic ferroviaire, suite à un accord trouvé avec la direction générale de la boite, sur l’effectivité du paiement de leur dû. C’est après plusieurs médiations qu’ils ont obtenu gain de cause. de braves cheminots qui ont vécu l’enfer rien que pour réclamer des droits. Le jeudi 02 aout 2019, ce sont plusieurs dizaines de braves cheminots retraités de dakar-bamako- Ferroviaire ayant presque tous totalisé plus de 40 ans de bons et loyaux services, qui se sont réveillés très tôt, à l’aube, pour aller bloquer pendant une cinquantaine de minutes environ, à hauteur de la gare ferroviaire de Thiès, le PTb Tivaouane- dakar, afin d’exiger le paiement de leurs indemnités de départ à la retraite. « Voilà 2 ans et 6 mois que nous courons derrière notre dû et nous avons remarqué que nos autorités n’ont pas la volonté de nous payer notre argent. Déjà, sur une liste de près de 200 ex-travailleurs que nous sommes, plus de 20% sont décédés, d’autres sont gravement malades et ne peuvent pas se soigner », se plaignaient-ils.

Dislocation des familles ferroviaires

Le mardi 14 février 2020, quelques soixante retraités de Transrail et de la nouvelle société dakar-bamako-Ferroviaire, visiblement irrités, inquiets et affamés, soutenus par les cheminots en activité regroupés au sein du Grand cadre unitaire des travailleurs du rail, ont observé un sit-in devant la direction générale de l’entreprise ferroviaire. Ces ex-cheminots, sous l’emprise d’une colère noire du fait d’une déception qui est à son comble, la patience ayant des limites, réclamaient le paiement de leurs indemnités de fin de carrière professionnelle. Ils ont tous déploré « la dislocation des familles ferroviaires», aujourd’hui complètement « décimées, dans le désarroi total, subissant l’humiliation suprême». Le porteparole principale du groupe, l’ex-directeur de la formation de la défunte Transrail, Cheikh Ahmed Tidiane sow, indiquait : « aujourd’hui, plus d’un an après notre retraite, l’écrasante majorité de ces ex-cheminots se trouvent dans une situation où les conditions économiques se sont fortement dégradées.

Les uns sont dans l’au-delà, les autres, dans une situation de prolétarisation humiliante. Nous ne pouvons pas comprendre qu’on dirige un pays comme ça. Nous, nous ne quémandons rien, nous ne demandons également aucune faveur, nous réclamons notre dû, nous revendiquons un droit qui date de 1885, parce que quand même nous sommes des sénégalais à part entière ».Abdou Aziz diop, retraité, ancien chef de division des gares de Guinguinéo, soulignait : « les retraités qui tombent malade n’ont nulle part où se soigner. Nos collègues sont en train de crever comme des mouches ». Et de poursuivre : « vous cotisez sur les comptes d’épargne, entre autres, vous attendez de percevoir pendant les fêtes de Tabaski, mais à votre grande surprise, vous ne recevez rien, c’est triste. Tout cela, c’est de la faute de l’administrateur de DBF qui fait dans la figuration, qui n’a jamais travaillé dans le Chemin de fer ». Malgré tout, l’Administrateur de la société de Chemin de fer dakar-bamako Ferroviaire, Kibily Touré, lors d’un mouvement d’humeur des travailleurs du Rail, n’avait pas hésité à porter à l’attention des travailleurs du rail des propos qualifiés d’« injure à l’endroit de la famille cheminote ». Il disait : « Il est temps que le peuple sénégalais comprenne que les cheminots sont payés à ne rien faire parce que qu’il n’y a pas d’activités. Aujourd’hui cette structure ne fonctionne pas et malgré tout l’Etat du Sénégal paye. Ce qui s’est passé c’est tout sauf un problème de salaire ou de dû. On ne leur doit absolument rien. Je considère même qu’aujourd’hui l’Etat subventionne socialement ». Une sortie servie suite au mouvement d’humeur des cheminots qui, croupissant dans la misère du fait d’un chapelet de promesses non tenues, réclamaient des « mois d’arriérés de salaire, une situation sociale et économique, une revalorisation du travailleur ». Un discours qui n’était d’autant plus du goût des Thiessois que la « situation catastrophique.» que traverse l’entreprise, presque à l’agonie, a entraîné « la dislocation des familles ferroviaires, complètement décimées en ce moment, dans le désarroi total, subissant l’humiliation suprême ».

Cheikh CAMARA LE TÉMOIN

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