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OUSMANE SONKO/MANSOUR FAYE : RÉVÉLATIONS ET AVEUX DE TARTUFFES

Le combat enclenché entre le Ministre Mansour Faye et le leader de Pasteef Ousmane Sonko a connu son épilogue par l’intervention intempestive du DG du Soleil Yakham Mbaye qui a rendu public, l’audio en question.

Sonko, acculé, a reconnu les faits, mais parle de stratégie. Il s’agissait pour ses proches et lui de démontrer que c’est Mansour Faye qui est demandeur de l’audience et que tout s’est passé en 2003 alors qu’il n’était pas encore leader de parti.

Cette explication révèle tout le malaise d’une situation fort embarrassante pour le jeune leader politique qui, dans un premier temps, a nié une information qui était vérifiée.

Bien sûr, on comprend toute sa gêne face aux révélations de Mansour Faye, mais, nous sommes en politiques, et dans ce domaine, les armes ne sont pas toujours conventionnelles.

Acculé, le beau-frère a contre-attaqué sur un plateau de télévision dans le souci de démontrer que Sonko n’est pas aussi clean qu’il voudrait bien le faire croire parce qu’il avait quémandé une audience pour qu’il intercède en sa faveur auprès de son beau-frère.

La réaction de Sonko a été maladroite. Elle aurait pu se limiter à dire que c’est vrai et exposer tous les arguments qui l’ont été par la suite. Comme quoi, que c’était Mansour le demandeur, que c’était avant la création de son parti et que surtout, il n’y était pas allé pour son intérêt personnel.

Aujourd’hui, avec la stratégie adoptée, il voit son image écornée par un mensonge flagrant.

C’est Mansour qui avait raison même si ce n’était pas sur tous les points.

Cependant, si l‘on peut comprendre et louer même l’attitude du Ministre qui n’a pas voulu rendre public l’audio, celle de Yakham Mbaye, pose problème.

Il a essayé de justifier cela par le devoir de solidarité dans un camp politique où il appartient, mais qu’il laisse à Mansour le soin de mener jusqu’au bout, cette bataille.

En y intervenant de cette façon et surtout en se taisant sur la manière dont il a obtenu l’audio, il n’a pas démontré une meilleure moralité politique que Sonko qui a fauté à ce propos. Mieux, sur le plan juridique, la démarche de Yakham est sujette à caution.

Pis, Cheikh Issa Sall avec qui Sonko a parlé ne vaut pas mieux. Dans l’engrenage de la délation, il est difficile de sortir la tête haute.

En clair, la politique, sous nos cieux, devient, malheureusement, une affaire de tartuffes. Ni ceux qui révèlent ni ceux qui dénoncent ou avouent ne sont vraiment soucieux de l’éthique.

Chacun d’eux se soucie de sauvegarder son image quitte à mentir au peuple. Et aujourd’hui, cette démarche, largement répandue en politique, fait des émules dans d’autres secteurs.

Des citoyens se lèvent pour faire des vidéos par exemple, pour raconter leurs vies, à leurs façons, en privilégiant ce qu’ils veulent bien faire gober aux sénégalais.

Nous sommes dans une société de tartuffes où chacun a sa vérité et ne se soucie pas de celle de l’autre.

Mais, pour Ousmane Sonko, la leçon doit être bien assimilée. S’il aspire à faire la politique autrement et à incarner la rupture, il doit observer une moralité irréprochable à tout moment.

A défaut, les erreurs seront exploitées par ses adversaires. C’est de bonne guerre.

Le terrain de la politique est tellement glissant que toutes les sorties aussi minimes qu’elles soient doivent être analysées par des spécialistes et son entourage pour éviter les contrecoups.

Si on est leader et que l’on multiplie les déclarations, il arrivera un moment où, si celles-ci ne sont pas bien préparées, que l’erreur fatale soit commise, celle qui vous ôte à jamais votre crédibilité.

Pour le dédouaner, au Sénégal, le déni ou wax waxett ne constitue plus une faute politique pouvant engendrer un rejet populaire significatif. C’est d’ailleurs ce qui encourage les hommes politiques à rivaliser d’ardeur dans les promesses et prouesses verbales sans qu’en toile de fond, il y ait de la conviction et de l’engagement sincère.

Comme quoi, ce n’est pas demain la veille de cette rupture tant attendue.

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