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INONDATIONS AU SENEGAL: L’ALLIANCE DES BÂTISSEURS EXPRIME SA SOLIDARITÉ AUX POPULATIONS SINISTREES ET DENONCE LE PILOTAGE À VUE DE L’ÉTAT.

De fortes pluies se sont abattues sur le Sénégal, et ont occasionné d’importants dégâts matériels, en sus des cinq morts. Les images peu reluisantes de ces inondations n’honorent ni le Sénégal, ni son talent ni son envergure. Elles démontrent à suffisance que notre gouvernance est caractérisée par un pilotage à vue et un manque de patriotisme. A l’ère de la haute technologie et du progrès scientifique, si l’on se contente de la solution archaïque des motos-pompes pour l’évacuation des eaux pluviales, c’est qu’on cherche à faire retourner le peuple sénégalais dans les grottes. Qui plus est, on ne voit aucun respect au peuple. L’heure est à la modernité et à l’efficacité. Pourquoi notre pays qui ne connaît que trois mois de pluies, parfois moins, se retrouve toujours sous la boue et les eaux, alors que les pays de l’Afrique centrale et de l’Europe dont la quantité d’eaux pluviales est le double ou le triple de la nôtre ne connaissent pas le calvaire que vivent les populations sénégalaises ? Cette question doit interpeller notre noumène, et nous amener à nous interroger sur la mission de ceux qui nous gouvernent. Tout comme les autorités, nous tous savons l’ampleur des dégâts que causent les inondations depuis des lustres dans notre pays. Par conséquent, il urge de solliciter l’expertise des fils du pays, de faire appel au patriotisme et à la volonté politique, pour que le calvaire des inondations devienne un vieux souvenir. Pour ce faire, il nous faut imaginer et réaliser un réseau d’assainissement et d’évacuation des eaux pluviales ultramoderne. Un tel réseau existe dans tous les pays aspirant au développement. Au-delà de la galère causée par les inondations, un tel réseau est inséparable des exigences de santé publique. Dans la presque totalité des quartiers habités par les anciens colonisateurs, le problème des inondations ne se pose pas, car ils avaient pris conscience de la préservation de leur propre santé et de la nécessité de vivre dans un cadre sain. Le quartier Plateau en est une illustration.

Malgré les sommes faramineuses investies dans le plan décennal de lutte contre les inondations (750 milliards, nous dit-on), le problème reste entier, et la douleur et l’inquiétude deviennent de plus en plus profondes chez les populations. Dès lors, les Sénégalais sont perplexes quant à la gestion transparente et intelligente de cette manne financière. Nous partageons le même sentiment qu’eux, et exigeons que soit mise en place une Commission d’enquête et d’audit de ce fonds, si l’on sait qu’au Sénégal, les grands chantiers sont perçus par certains comme un pot de miel autour duquel viennent festoyer les mouches de la cité. Des solutions existent bel et bien. D’abord, il faut que l’on revienne aux règles de base avant l’érection de tout nouveau quartier, et avant tout lotissement. Le terme viabilisation a été galvaudé. Il signifie la disponibilité de l’eau, de l’électricité, de la voirie et de l’assainissement avant que des habitations ne soient réalisées. Il nous faut détruire et relocaliser des quartiers situés dans des zones bleues. La peur n’a pas de place chez celui qui reconnait ses erreurs. En Europe, des immeubles, quartiers entiers ont été rasés parce qu’ils ne répondaient plus aux normes de l’habitat. Une réflexion globale et approfondie autour de la question des inondations est devenue une obligation morale pour nos autorités. Car c’est d’autant plus humiliant d’épiloguer autour des inondations que la Cloaca Maxima, principal égout de la Rome Antique est aujourd’hui fonctionnel. Six siècles avant J.C, les Romains avais déjà réglé la question. Sachant notre impuissance face à l’inondation, je me sens habité par un sentiment de regret et d’humiliation. Des amis du monde entier m’ont appelé pour me témoigner de leur solidarité car les images défilaient sur les chaînes de télévisions internationales. Le Sénégal fut en l’espace d’un week-end la risée du monde connaisseur des règles de bon habitat. Ce gouvernement risque d’être emporté par les eaux s’il continue d’ignorer que nos maisons, rues et ruelles sont transformées en égouts béants.

L’Alliance des Bâtisseurs exprime sa solidarité et sa compassion aux populations sinistrées qui bravent la souffrance, l’insomnie et l’inquiétude, mais aussi elle s’engage à contribuer à la réflexion afin qu’une solution définitive soit trouvée à la lancinante question des inondations, véritable spectre qui hante le sommeil du peuple.

 

Meleye Seck

Président Alliance des Bâtisseurs RE221

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