Incroyable / Pour 25 francs, il bat à mort sa fille

5 ans de travaux forcés, c’est ce qu’encourt Alpha Oumar Diallo. Il comparaissait, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort de sa fille. Il sera édifié sur son le 19 février prochain, jour du délibéré. 

 

Une incroyable affaire de coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort, a été jugée, hier, à la barre de la chambre criminelle de Dakar. Au banc des accusés, il y avait le sieur Alpha Oumar Diallo. Maçon de son état et domicilé à Grand-Yoff, il avait battu à mort sa fille de 11 ans à cause de 25 francs. S’agissant des faits, le 17 avril 2016, alors que le maçon rentrait d’un voyage, l’une de ses filles est venue lui demander une pièce de 25 francs CFA qu’il lui a donnée. Ainsi, sa fille aînée s’est-elle approchée de lui pour demander à son tour qu’on lui donne 25 francs. Le père lui a dit d’attendre parce que n’ayant plus de pièce par devers lui. Fâchée, la fille a éteint la lumière alors que son père s’apprêtait à prier. C’est sur ces entrefaites qu’Alpha Oumar lui a assené une manche de balai à la tête. Paniquée, la gamine est allée se réfugier chez les voisins. Le père, possédé par on ne sait quel esprit, l’a suivie avant de l’extirper d’entre les genoux du voisin. Ainsi a-t-il continué à la rouer de coups, …sur la tête. Quelques instants après ces faits, la fille a eu un malaise. Elle a été acheminée à l’hôpital Philippe M. Senghor. Elle avait une hémorragie crânienne et les médecins ont décidé qu’elle soit transférée à l’hôpital Principal, puis à Fann où elle a rendu l’âme 4 jours plus tard. Attrait à la barre, hier, pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort de sa fille, Alpha Oumar Diallo a reconnu sans ambages les faits qui lui sont reprochés. Veuf et père de 4 enfants, il a confié : « quand j’ai donné 25 francs à sa sœur, elle m’a demandé une pièce de monnaie à son tour. Je lui ai demandé de patienter, mais elle a commencé à faire des caprices. C’est à cause de son comportement que je me suis énervé et je l’ai frappée. Je n’ai jamais imaginé que ces coups allaient lui être fatals. D’habitude, je ne frappe jamais les enfants, même ceux des autres ». Poursuivant, il ajoute : « ce jour-là, j’étais dominé par la colère, j’avais aussi fumé du chanvre indien quelques heures avant de m’en prendre à ma fille. Je suis allé la voir une seule fois à l’hôpital. Il y avait une connaissance qui était là-bas avec elle. Les membres de ma famille me cachaient son décès. C’est un ami qui me l’a dit. Je regrette mon acte. » « Elle était mon amie. En plus elle était studieuse, elle était toujours parmi les 3 premiers de sa classe », a dit le malheureux père avec une voix tremblotante et la tête baissée. Revenant sur les circonstances de son arrestation, l’accusé a soutenu : « quand on est allé récupérer le corps, les autorités hospitalières ont refusé de nous le donner. Ils ont dit que ma fille a perdu la vie à cause des coups que je lui ai administrés. Il me fallait au préalable l’autorisation du commandant de la gendarmerie de la foire. C’est ainsi que j’ai été arrêté ». Après sa narration des faits, le maître des poursuites a pris la parole pour son réquisitoire. Il a commencé par condamner l’attitude du mis en cause avant de soutenir que les coups étaient tellement violents que la fille avait une hémorragie crânienne. Sur ce, il a requis à son encontre 5 ans de prison ferme. Pour terminer, la défense a sollicité la clémence de la chambre. « Il doit bénéficier des dispositions de l’art 50 du code pénal qui stipule qu’en état de démence, il n y a ni délit ni crime », a dit la robe noire qui fait état du certificat médical délivré par le psychiatre qui a diagnostiqué les troubles psychiques de son client. En tout état de cause, l’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 19 février prochain.

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