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Espagne : Luc André Diouf, un ressortissant sénégalais élu député

Il a fait entrer le Sénégal dans l’histoire politique espagnole. Le parti socialiste espagnol a remporté les législatives de ce dimanche 28 avril, avec plus de 29% des voix, soit 123 députés. Même si c’est une victoire sans majorité absolue. Luc André Diouf est la première personne de couleur élu en Espagne. Il a élu domicile à Las Palmas de Gran Canaria, où il est devenu une référence dans le mouvement syndical, depuis près de 27 ans.

Entré en Espagne sans papier, il a été régularisé avant de devenir secrétaire fédéral politique des réfugiés du PSOE (Parti socialiste ouvrier). Né à Joal, au Sénégal en 1965, Luc André Diouf parle six langues, rapporte l’AS.

M. Diouf, arrivé dans les îles des cayucos par avion et avec un visa touriste temporaire, dit y avoir vécu l’enfer. « Je n’avais plus d’argent et j’ai dû dormir sur la plage de Las Canteras pendant 45 jours. Je ne mangeais qu’une fois dans la journée », disait-il sur publico, un journal espagnol. C’était l’époque du ministre José Luis Corcuera, promoteur d’une loi entrée dans l’histoire appelée « la patada de la patada en la puerta » (le coup de pied dans la porte).

Elle permettait à la police d’interpeller et d’arrêter des personnes en situation irrégulière dans toutes les circonstances. C’est pourquoi Luc André Diouf sortait à peine.

Il a travaillé d’abord, comme conseiller technique au CCOO puis comme coordonnateur des centres d’information pour travailleurs étrangers et, enfin, comme secrétaire à l’Immigration. Et toujours comme une référence essentielle pour la communauté africaine des îles Canaries, le nouveau député a vécu la crise des cayucos qui, en une seule année, 2006, a vu débarquer  sur les îles Canaries plus de 32 000 Africains. « L’année 2006 a été une année horrible pour les migrants, mais elles ont pu être assistés », se souvient Diouf, qui souligne que si cette crise s’est bien terminée, c’est largement grâce à l’attitude des Canariens.

« J’ai dénoncé et je continuerai à dénoncer la négligence de certains gouvernements africains. Il ne faut pas qu’ils se contentent de regarder les personnes partir, au péril de leur vie, celles qui peuvent physiquement contribuer au développement du continent africain. C’est inacceptable. Et ce n’est pas seulement une génération, ce sont plusieurs générations qui se perdent », explique-t-il.

Luc André Diouf a vu sa situation régularisée depuis 2001… sans perdre de vue les immigrés.

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