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CARTOGRAPHIE DES DIFFÉRENTES RÉALISATIONS DU PRÉSIDENT MACKY SALL A THIES

Un grand fossé entre les mesures annoncées et la réalité sur le terrain

 

Les « états généraux de Thiès ». Voilà ce que réclament des habitants de la « ville-aux-deux-gares » qui se demandent ce qu’ils ont pu bien faire au gouvernement « pour mériter cette mise à mort programmée de Thiès. Pourquoi cherche-t-on à effacer notre ville, actrice de toutes les alternances démocratiques, de la carte politique de notre pays? » A les en croire, ils n’auraient bénéficié d’ « aucun grand projet de l’État ». Et de se demander : « Que nous rapportent les infrastructures aéroportuaires ? Thiès est en train de mourir de sa belle mort. Il doit être aujourd’hui question de réveil et de prise de conscience. Sinon, nous allons rater le dernier train ». Thiès continue de souffrir du conflit entre Idrissa Seck et Macky Sall après avoir été victime de la guerre entre le premier nommé et l’ancien président de la République, Me Abdoulaye Wade. De fait, entre les mesures annoncées et la réalité sur le terrain, le fossé est grand. Selon Moulaye Abdoul Aziz Diop,membre fondateur de la coalition des organisations de la société civile « Publiez ce que vous Payez », membre du comité national ITIE/Sénégal, « en tant que société civile, nous allons constamment sur le terrain pour toucher du doigt la réalité des faits. Le constat est que beaucoup de mesures ont été annoncées mais, dans la réalité, elles ne sont pas traduites en actes concrets ».

Et de souligner : « en 2014, lors du Conseil des ministres délocalisé, le président de la République avait annoncé beaucoup de mesures. Nous avions demandé qu’il y ait un monitoring (suivi citoyen). Et là, il est bon aujourd’hui, en 2019, qu’on puisse faire l’état des lieux, surtout sur les chantiers de Thiès d’abord. Qu’est-ce qui a été réalisé concrètement ? Qu’est-ce qui n’a pas été réalisé ? Et les chantiers en cours ? Qu’est-ce qui reste à faire ? ». Selon les membres de cette coalition, « les travaux de Promovilles pour Hersent et Mbour 3, lancés depuis 2017 et arrêtés sans justification requise, créent beaucoup d’impacts négatifs aux riverains qui sont victimes de beaucoup de dégâts ». M. Diop souligne également que « ces populations veulent non seulement être assurées de la reprise de ces travaux mais aussi de la réalisation du paquet de services (assainissement, éclairage public) qui va avec».
Le sous-emploi des jeunes Un autre problème soulevé par les membres de la société civile concerne le sous-emploi des jeunes à Thiès. Selon Abdoul Aziz Diop, il n’y a plus de structures pourvoyeuses d’emplois dans la cité du Rail. Le tissu industriel local est en agonie. A part le secteur minier dans le département dont l’impact en termes d’emplois est faible parce que n’employant que 0,3 % de la population active (rapport Itie 2018), rien ne va dans ce domaine. Thiès qui est la première région minière n’en profite pas. Non seulement en termes d’emploi mais aussi et surtout en termes de revenus, parce que c’est moins de 2 % d’impôts locaux qui reviennent à la région. Par ailleurs, le membre du comité national ITIE/Sénégal pense qu’« il faut que l’Etat accompagne les collectivités locales parce qu’entre les compétences transférées et les moyens alloués, il y a une très grande différence. Une méprise des autorités centrales et une indifférence coupable qui semblent trouver sa source dans les relations que Thiès entretient souvent avec les tenants du pouvoir ».
La mort programmée des chemins de fer et de la NSTS Des cheminots qui ont pris part ce week-end au panel organisé par des jeunes regroupés au sein du mouvement « Allo Présidence », avec comme thème : « La relance et la réhabilitation des Chemins de fer : Quel impact pour l’économie nationale» ont souligné la problématique du rail qui est devenue d’une brûlante actualité. A les en croire, cet aspect devrait faire parties des sujets du dialogue national. Parce qu’en vérité, soulignent-ils, cette question dépasse les limites géographiques du pays. « Thiès a
la particularité d’être une ville qui regorge le plus de cheminots aujourd’hui désorientés et déboussolés, moralement et physiquement agressés par une paralysie, voire une mort progressive de leur outil de travail. Ils ont trop attendu et trop souffert. Tous les régimes qui se sont succédé avaient pris l’engagement irréversible de réanimer ce malade qui se relève difficilement d’un coma profond. Mais rien que des propos de campagne ! Aucune avancée notoire n’a été constatée », s’offusquent ces anciens travailleurs du rail. Quant au coordonnateur du mouvement «Thiès sur les Rails de l’Emergence», Edouard Latouf, il se demande s’il s’agit d’un « manque de volonté politique ou d’une sanction consécutive à la défaite électorale à Thiès. En effet, beaucoup de responsables de cette ville sont dépouillés et dégradés de leurs responsabilités antérieures pendant que d’autres sont simplement oubliés dans la distribution des postes ».

A cette situation, s’ajoute la politisation du dossier de la Nsts par le président Macky Sall qui avait procédé à un semblant de relance en 2014 à la veille des élections locales. Faute de fonds de roulement, l’usine souffre d’un second arrêt. Une situation qui procède, selon les travailleurs, d’un contentieux entre la Nouvelle Société Textile du Sénégal (NSTS) et l’Etat qui n’a pas encore été vidé pour permettre à l’entreprise d’avoir les fonds nécessaires à une relance définitive. Des centaines de familles qui avaient retrouvé le sourire après la relance des activités de la boite vivotent à présent dans un calvaire indescriptible. Seule société de textile encore debout au Sénégal, la Nsts tient sur une jambe après l’espoir brisé de 3000 demandeurs d’emplois suite à sa
relance par le président de la République. Selon l’ancien Premier ministre et président du parti Rewmi, Idrissa Seck, qui est pour « l’accompagnement des champions nationaux en matière d’industrie », « la relance de la Nsts n’était que du cinéma ».
«TOUS LES SECTEURS DEVANT PORTER LE DÉVELOPPEMENT SONT EN PERTE DE VITESSE» Le Pr Abdourahmane Sow, président du mouvement politique «La Sagesse», estime pour sa part que tous les secteurs devant porter le développement dans la capitale du Rail sont en perte de vitesse. Il se désole de la situation plus qu’inquiétante que traverse Thiès, voire le pays, sur tous les plans. Les chantiers de l’université de thiès a l’arret Les chantiers de l’Université de Thiès (UT) n’étant toujours pas achevés, l’arrivée de 3000 nouveaux bacheliers pose problème. De ce fait, la coordination des 5000 étudiants de l’UT dénonce les mauvaises conditions sociales, les difficultés pédagogiques, budgétaires, d’hébergement, de restauration.

Ce sans compter les incommodités liées à l’arrêt des chantiers, à la mobilité des étudiants dont le campus est éparpillé partout dans la ville. Et last but not least, au retard dans le paiement des repreneurs privés qui s’occupent de la restauration des pensionnaires entre autres.
Départ raté du programme des 100 mille logements sociaux Après l’échec cuisant de la loi relative à la baisse du prix loyer, nonobstant son caractère salutaire ainsi que les dégâts collatéraux qu’elle a engendrés, le régime du Président Macky Sall risque, d’après le constat fait sur le terrain par les populations et certains experts en la matière, une autre déconvenue avec son Programme de 100.000 logements sociaux inscrits dans le Plan Sénégal Émergent (PSE). Pour preuve, le faux départ de la grande initiative du chef de l’Etat pour l’habitat social au Sénégal. En effet, les villas-témoins présentées dans ce cadre et situées dans la région de Thiès ressemblent à….des poulaillers ! N’en rajoutons pas pour dire que Thiès va vraiment mal !

Cheikh CAMARA

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