Candidatures aux Prochaines Elections Locales à Thiès

L’équation des leaders ayant une forte carrure

 

« Que les meilleurs se mettent devant ! Que l’homme qu’il faut soit à la place qu’il faut dans la désignation des candidats aux prochaines élections locales !». Ce point de vue émane d’un haut cadre politique de Thiès, une ville où déjà la bataille des locales est partie pour être âpre. Un combat qui promet d’être rude, non seulement entre adversaires politiques mais aussi et surtout entre responsables des mêmes camps. Dans tous les cas, beaucoup de responsables estiment que « nous allons vers des élections cruciales parce qu’avec la réforme en vue, le suffrage universel direct, le candidat désigné d’un camp, donc connu dès le départ, doit, pour pouvoir gagner, bénéficier d’un consensus interne fort, du soutien de tous les militants, des responsables, sans exclusive ». pour les prochaines élections locales, le combat promet d’être âpre à Thiès.

« Le premier facteur le plus important repose sur la ‘’situation de confusion’’ dans laquelle évolue le monde politique dans la mesure où ne sait pas jusqu’à maintenant la date de la tenue de ces élections. Si donc les acteurs ne sont pas en mesure de connaitre la date, tout ce qu’ils font relève de la spéculation », estime le responsable politique de l’apr, abdoulaye sow, conseiller départemental à thiès. passé ce cap, poursuit-il, « se posera un autre défi autour d’une situation nouvelle qui certainement va se présenter», souligne notre interlocuteur, selon qui « les réflexions portent sur les modes du scrutin et d’élection ». il explique : « pour ce qui est du mode de scrutin certaines idées sont en train d’être soumises, discutées dans le cadre du dialogue politique. Reste à savoir s’il faudra maintenir les bulletins uniques ou faire une élection au suffrage universel direct. Si, maintenant, on part de l’hypothèse que pour ces élections à venir, le consensus retenu reste favorable à l’élection du maire au suffrage universel direct, tout comme ses adjoints et les présidents de conseils départementaux, ainsi que les vice-présidents et les membres de Bureau, il est clair que ce scrutin sera une nouvelle élection qui n’a rien à voir avec les précédentes, où on assistait à des scrutins par listes. Dans le système qui prévaut encore, une fois ces listes élues, les conseillers se retrouvent pour former les bureaux municipaux et départementaux. Mais, d’après les réformes envisagées, il semble que les acteurs auront à élire les bureaux au suffrage universel direct.

On ne votera dorénavant qu’une seule fois. Et là, les populations souveraines auront à choisir leurs propres dirigeants au niveau des administrations locales». Un grand chamboulement par conséquent, avec cette nouvelle donne, il y aura un grand chamboulement. sidy diop, un électeur gérant d’un magasin au quartier hersent, renseigne que « ce ne sera plus une élection d’appareil mais une consultation  d’hommes.  Auparavant, quand il s’agissait d’élections qui se jouaient au niveau des appareils, il fallait avoir une coalition très forte, très représentative, qui pouvait embarquer qui elle voulait pour espérer gagner. Ce qui donc faisait que dans certaines localités il y avait des maires ou des maires-adjoints, ou aussi des présidents de départements ou vice-présidents, mais aussi des secrétaires élus qui n’étaient pas du tout à la hauteur, parce qu’étant très impopulaires, mais qui bénéficiaient de la grâce ou de l’aura de la tête de liste de la coalition. Et si vous étiez  dans ses grâces, cette tête de liste  vous mettait dans une position  où vous lui seriez serviable, en tout cas redevable. A partir de ce moment, vous occuperez des fonctions que les populations ne vous ont pas confiées». selon sidy diop, « à l’épreuve des faits, ça amène d’énormes blocages dans le bon fonctionnement des institutions ». d’où, approuve-t-il, « la pertinence de permettre aux populations de choisir directement les présidents de départements et les maires dans les différentes collectivités locales. Ce qui fait que ce sera une élection d’hommes, avec des leaders ayant une forte personnalité, populaires et acceptés par les électeurs».

Thiès dans la tourmente nombre d’acteurs disent s’être rendus compte que « pour le cas de Thiès proprement dit, il est clair que rares sont ses fils qui peuvent d’emblée prétendre avoir la carrure leur permettant de faire un consensus global autour de leur personne dans une commune donnée, dans la Ville ou même dans le département ».pape mor ndiaye, cadre dans une boite de la place, considère que « les leaders thiessois qui ont cette posture-là se comptent sur les doigts de la main». Et de se demander : « est-il donné à n’importe qui d’avoir une carrure ou la posture de l’ancien maire, Idrissa Seck, par exemple ? Lui qui raflait 80 % des bureaux de vote dans la ville. Qui a la capacité,  dans  cette  ville,  d’incarner  un leadership tel qu’il puisse se positionner dans le tiercé gagnant? ». notre interlocuteur cite tout de même certains leaders incarnent effectivement ce leadership dans leurs communes, parce qu’étant sûrs de leur représentativité comme dr augustin tine à Fandène, pape ciré dia, habib niang, président du mouvement ‘’and suxxali sénégal ak habib niang Falaat macky sall’’, et abdoulaye dièye, président du mouvement ‘’siggi Jotna’’, dans la ville de thiès, Yves Lamine ciss à mont-rolland, momar ciss à Keur moussa, mamadou thiaw à tassette, mbaye dione à ngoundiane. toutefois, estime notre interlocuteur, « le problème pour ces leaders, y compris l’ancien Premier ministre, Idrissa Seck, c’est qu’il faut, au niveau départemental, l’emporter au niveau des 15 communes. Et c’est là que les gens vont souffrir». pour le cas du président de rewmi, par exemple, il considère qu’« il lui faudra passer l’obstacle des communes qui sont en dehors du périmètre urbain de la Ville de Thiès.

Une situation d’autant plus critique pour lui que la popularité de l’ancien Premier ministre semble s’arrêter dans sa Ville natale. Une fois dehors, il a d’énormes difficultés pour gagner des bureaux de vote». avec, cette fois-ci, des élections qui se feront au suffrage universel direct, faut-il s’attendre à ce qu’il y ait des surprises ? La difficulté pour certains candidats, selon pape diop, responsable politique libéral, repose sur « leurs ambitions de pouvoir être élus au suffrage universel direct au niveau départemental. Et le problème qui va se poser est que le candidat peut bien être populaire dans une commune mais impopulaire dans d’autres zones. Et pour gagner, il faudra que l’écart qu’il va réaliser au niveau de sa commune soit tellement grand que, malgré sa défaite dans les autres collectivités, il puisse être élu avec la nouvelle formule ». ce qui, convenons-en, ne sera pas une mince affaire, y compris pour idrissa seck… Savoir raison garder La logique politique ne voudrait-elle pas qu’il y ait, en perspective de l’élection des maires au suffrage universel direct, des camps forts, avec des leaders forts ? si on n’est pas sûr de pouvoir gagner un seul bureau de vote, pourquoi donc vouloir être maire ? ce même si, auparavant, par le système des coalitions, on a pu occuper des fonctions de maire ou d’adjoint au maire. sur la question, oumar diouf, électeur au quartier Grand-thiès, se veut catégorique : « si  on n’est pas en mesure de gagner un bureau de vote, mieux vaudrait aller dans le sens d’une mutualisation des forces au niveau local ou départemental. Il faut savoir raison garder et ne pas nourrir des ambitions irréalisables voire démesurées. Pour éviter d’hypothéquer les chances d’un camp, mieux vaudrait être rationnel pour choisir, dans le groupe, celui qui est le plus représentatif, le plus populaire. Que tout le monde se range derrière lui afin de lui donner toutes les chances de gagner. Et s’il gagne, il faudrait en faire de même pour les autres postes du bureau de l’institution municipale ».

Et de poursuivre : « si on reconnait un candidat comme étant le plus populaire, le plus aimé, que tout le monde se range derrière lui, pour éviter qu’il y ait deux candidats du même camp. Afin d’avoir une liste qui aura toutes les chances de pouvoir remporter les élections au suffrage universel direct ». prenons l’exemple de thiès-ouest. selon le conseiller départemental abdoulaye sow, « dans cette commune, si le camp présidentiel ne peut pas trouver un candidat sûr de gagner les centres Croix-Rouge, 2/3 Adoua, Thierno Ciré Elimane Fall, Aly Ba, Malick Kaïré, Isaac Thiaw à Som, il ira aux élections en étant sûr de perdre ».En tout cas, l’ancien premier ministre, idrissa seck, lui, semble très à l’aise même en cas d’élection du maire au suffrage universel direct pour avoir réglé cette question depuis très longtemps parce qu’il organise toujours des primaires pour choisir les candidats de son parti. Attention au piège du parrainage ! L’enjeu ne serait-il pas de céder les places sur les listes aux responsables et militants les plus populaires ? En tout cas, pense thié Kouyaté, président du mouvement « alliance Libérale pour la république », « faute de discipline ou de solidarité de groupe, ça ne servira à rien d’aller aux élections». Et notre interlocuteur de poursuivre en estimant qu’ « avec les conditions dans lesquelles évolue, dans cette ville, le camp présidentiel où chacun se croit ‘’général’’, l’avenir apparaît vraiment très sombre, avec de gros risques de sérieuses surprises». comment quelqu’un qui est incapable de gagner un seul bureau de vote peut-il prétendre vouloir gagner une ville comptant 255 centres de vote et 784 bureaux de vote ? aussi pour ne pas tomber dans ce qu’il appelle « le piège du parrainage », thié Kouyaté souhaiterait que « les candidatures se fassent sur des bases scientifiques, plutôt que dans le copinage, pour ne pas fausser d’emblée les données, ne pas rééditer les erreurs du passé ».

Cheikh CAMARA

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